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Mes chers amis de Suisse,


J’ai choisi d’aborder de partager avec vous quelques bons réflexes dans vos choix budgétaires et fiscaux qui s’appliquent spécifiquement en Suisse sur les personnes.


Comme vous le savez le système personnel d’imposition suisse est basé sur deux charges : l’Impôt Cantonal et Communal (ICC) et l’Impôt Fédéral Direct (IFD).

La liste présentée n’est pas exhaustive et dépendra bien sûr de votre situation personnelle.


Les cotisations aux caisses de pension

1. Cotiser au 3ème pilier.

Il s’agit d’une épargne individuelle de prévoyance vieillesse privée. Vous pouvez cotiser jusqu’à l’âge de la retraite.Il existe deux pendants à ce pilier:

  • Le 3ème pilier A (ou prévoyance liée), dont l’avantage est que les cotisations sont entièrement déductibles du revenu imposable avec un plafond annuel de 6’883 CHF. Cette somme représente le montant maximum des versements autorisés pour les salariés affiliés auprès d’une caisse de pension. Pour les travailleurs non affiliés (indépendants), ce montant est porté à 20% du revenu annuel, mais limité à 34’416 CHF. Les montants de maximums déductibles sont entrés en vigueur dès le 1er janvier 2021. Les chiffres peuvent varier selon les cantons mais le mécanisme reste le même.

A noter que si vous possédez déjà ce type de contrat, les nouveaux plafonds de cette année seront automatiquement adaptés si vous en avez choisi l’option à la souscription du contrat. Dans le cas contraire, vous pourrez en fin d’année effectuer un virement exceptionnel qui correspond à la différence des montants des primes maximales entre les deux années.

  • Le 3ème pilier B (ou prévoyance libre) n’est pas plafonné et l’argent investi est déblocable quand vous le souhaitez mais soumis à des taxes. Ce type de prévoyance, qui offre le droit à la déduction de votre revenu imposable, dépend de votre situation familiale et de votre canton d’habitation. Par exemple, si vous habitez le canton de Genève, vous pourrez retrancher toutes les primes de ce pilier de votre revenu imposable, ce ne sera pas le cas si vous vivez dans le canton de Vaud.

A noter que tous les versements doivent être effectués entre le 1er janvier et le 31 décembre de l’année en cours pour pouvoir être défalqués.

2. Racheter ses années de cotisations

Auprès de la caisse de cotisation au 2ème pilier, il vous est possible de racheter des années de cotisation. Cette opération permet de récupérer les années manquantes ou les augmentations de salaire pour la retraite et la prévoyance professionnelle. C’est la caisse de pension auprès de laquelle vous êtes affilié qui détermine le montant maximal de votre rachat. Je vous conseille de répartir sur plusieurs années les rachats, ce qui est fiscalement encore plus avantageux.

Si vous êtes proches de la retraite;

3. Etaler le retrait des capitaux de prévoyance sur plusieurs années.

L’impôt étant calculé sur le montant des retraits des avoirs du 3ème pilier A ou de libre passage de l’année (ceux du conjoint y compris), il est préférable de différer sur plusieurs années si vous êtes proches de la retraite. De la même manière, il est intéressant de retirer le plus tard possible ses avoirs de libre passage car les dividendes et intérêts sont non imposables dans le revenu et le montant ne peut pas être soumis à l’impôt sur la fortune.


4. Récupérer ses avoirs sous forme de capital LPP

En effet, cette opération est avantageuse car le capital ne sera imposé qu’une seule fois à un taux préférentiel contrairement à la rente.

5. Les Donations

Faire une donation à une organisation d’utilité publique offre une déduction de don plafonnée à 20% du revenu imposable.

De manière plus générale, voici quelques possibilités pour les salariés pour alléger votre impôt.

6. La déduction des frais réels

La déduction des frais réels de votre revenu imposable (attention ces informations peuvent différer d’un canton à l’autre, les chiffres ci-après s’appliquent au canton de Genève pour l’ICC) permet de réduire l’assiette de l’impôt en intégrant certains frais, par exemple;

  • Frais de transport entre votre domicile et le lieu de travail. Il existe une déduction forfaitaire (en fonction de votre situation) ou déduction des frais professionnels effectifs. Pour l’ICC, le plafond des frais de transport est de 501 CHF tandis que pour l’ IFD il est de 3’000 CHF.
  • Frais de repas si le travailleur ne peut rentrer déjeuner chez lui : 15 CHF par jour lui seront accordés et au maximum 3’200 CHF par an. Si l’employeur est basé dans un autre canton et que le salarié y vit également en semaine : une indemnité de 15 CHF au minimum par repas de midi ou du soir sera autorisée, sans dépasser 30 CHF par jour et 6’400 CHF par an.
  • Les frais de garde d’enfant par des tiers sont déductibles de l’impôt cantonal et communal, jusqu’à 25’000 CHF par année et par enfant. Le montant déductible pour l’impôt fédéral direct est de 10’100 CHF. La limite d’âge étant le 14 ème anniversaire de l’enfant.
    Les contribuables concernés doivent exercer « tous les deux une activité lucrative ou se trouver dans une incapacité durable de travailler » soit être « en formation ».
  • Frais inhérents au télétravail en période de Covid-19 : il est possible de déduire la part du loyer afférente à la pièce dédiée à votre activité professionnelle durant la pandémie. Attention, la pièce doit vous être exclusivement réservée durant la période de télétravail et en aucun cas être une pièce commune (ex. salon). Afin d’obtenir cette réduction, il vous faudra simplement joindre la copie de votre bail à loyer lors du dépôt de votre déclaration fiscale. Le service des impôts se réserve cependant le droit de vous demander d’autres justificatifs.
    Il est également possible de faire valoir d’autres dépenses lors de ce laps de temps, preuves à l’appui à joindre aussi. A noter que les frais de repas et de déplacements ne sont pas déductibles pendant la durée télé- travaillée.

Enfin, le logement peut être également source d’économies :

7. Garder un bien immobilier dans son patrimoine

Plutôt que de le céder trop rapidement. Dans ce cas précis, il s’agit de réduire l’impôt sur la plus-value immobilière qui est proportionnellement dégressive au nombre d’années pendant lesquelles le bien est détenu.
A noter que les barèmes d’imposition diffèrent d’un canton à l’autre, l’adresse du bien déterminera le lieu de la taxation. Voici les taux pour le canton de Genève :

« Si la durée de propriété est:
de moins de 2 ans: le taux est de 50%;
d’au moins 2 ans: le taux est de 40%;
d’au moins 4 ans: le taux est de 30%;
d’au moins 6 ans: le taux est de 20%;
d’au moins 8 ans: le taux est de 15%;
d’au moins 10 ans: le taux est de 10%;
d’au moins 25 ans: le taux est de 0%. »


Des simulateurs d’imposition sont disponibles en ligne sur le site des cantons, comme celui de Genève.


8. Retrancher les intérêts hypothécaires.

Ces derniers sont déductibles du revenu imposable: il n’est donc pas intéressant de rembourser la totalité d’une dette hypothécaire. Pour procéder à un remboursement optimal qui vous permettra de vivre décemment dans le futur, vous devez calculer votre reste à vivre, c’est-à-dire l’argent dont dispose votre ménage après soustraction de tous les frais (en anticipant également la réduction de vos revenus à la retraite).

9. Procéder à des travaux de rénovation

Cela peut être également très intéressant. En fonction de la situation du logement : occupation par le propriétaire ou en location, il vous sera possible d’obtenir des réductions fiscales. Chaque canton aura ses propres caractéristiques.

Prenons le canton de Genève par exemple, dans le cas du bien rénové occupé par le propriétaire, il vous sera possible de choisir entre la déduction des frais effectifs (« les investissements destinés à économiser l’énergie et à ménager l’environnement ; les réparations et les rénovations qui n’entraînent pas une augmentation de la valeur de l’immeuble ; les versements à un fonds de réparation ou de rénovation de propriétés par étages, destinés à ne couvrir que les frais d’entretien d’installations communes ; les frais d’exploitation ; les primes d’assurances ; les frais d’administration par des tiers ; l’impôt immobilier complémentaire ») et une déduction forfaitaire. Cette dernière sera calculée en pourcentage, sur la base de la valeur locative brute (pour l’IFD) et de la valeur locative après abattement pour l’ICC.

En revanche, si le logement est en location, le forfait dépendra de l’âge du bâtiment et son calcul représentera un pourcentage par rapport aux loyers encaissés: les frais effectifs déductibles seront les mêmes que ceux précédemment exposés. Des spécificités sont à relever dans le cas des locaux commerciaux loués par des tiers puisque dans ce cas précis, il n’est pas possible d’avoir recours à la déduction forfaitaire.

Il ne sera pas utile de joindre à la déclaration les factures mais celles-ci doivent bien évidemment avoir été éditées au cours de ladite année fiscale. Il vous faudra tout de même les conserver en cas de demande de renseignements de l’Administration fiscale.

Voici quelques conseils qui je l’espère vous aideront à anticiper votre déclaration fiscale 2020. La déclaration en ligne pour le Canton de Genève est disponible depuis le 12 janvier 2021 sur le site

Je vous souhaite bon courage dans vos démarches individuelles. Mon équipe reste à votre disposition pour toute question.

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