Hémicycle, Proposition de loi|

L’article 33 bis A instaurait une baisse unilatérale et autoritaire des forfaits techniques, scanners et imageries par résonance magnétique – IRM –, en dehors de tout processus conventionnel. Cette disposition avait été critiquée et combattue par tous les représentants des professionnels médicaux, publics ou privés, toutes spécialités confondues.

Fort heureusement, la ministre Agnès Buzyn s’était engagée à son abrogation, lors de la signature du protocole triennal entre l’Union nationale des caisses d’assurance maladie – UNCAM – et la Fédération nationale des médecins radiologues – FNMR.

Le Sénat a corrigé l’oubli du Gouvernement dans ce PLFSS. En s’opposant au maintien de cet article 33 bis A.

Ce soir, le Gouvernement reviendrait sur la signature d’une ministre. Que vaudrait alors la signature de l’État ?

Je suis intervenu en hémicycle afin de défendre l’amendement 244 du PLFSS qui supprime l’article 33 Bis A. Cette disposition a été adoptée.

Par adoption de L’amendement no244, en conséquence l’article 33bisA est supprimé.

http://www.assemblee-nationale.fr/15/cri/2020-2021/20210094.asp#P2326873

Les radiologues et leurs équipes – manipulateurs, secrétaires – ont été en première ligne de la crise sanitaire. Les scanners pulmonaires ont permis des dépistages efficaces de la covid-19, alors que les tests faisaient défaut. Ils assurent aussi au quotidien la permanence des soins dans de nombreux territoires.

(…)

Je vais abonder dans le sens de mes collègues : il est franchement anormal, voire honteux, de revenir ainsi sur un engagement pris par la ministre Agnès Buzyn. Il y a une lettre, que mes collègues peuvent vous montrer, sur l’abrogation de cet article 99. Revenir sur cet engagement reviendrait à accuser les radiologues de ne pas avoir tenu leurs objectifs.

On oublie que les radiologues ont largement participé au travail pendant dans la crise, notamment quand l’État n’était pas au rendez-vous et que les tests ne fonctionnaient pas en France, qu’on ne faisait pas de tests PCR – Polymerase Chain Reaction, ou réaction de polymérisation en chaîne. Des radiologues et des manipulateurs radio faisaient alors passer des scanners, jour et nuit, pour informer les urgentistes sur une éventuelle contamination des patients. C’était nous, les radiologues, qui faisions ce diagnostic précoce.

À présent, on semble l’oublier et ont leur dit qu’ils coûtent de l’argent. Les Français doivent comprendre que le radiologue fait le diagnostic à l’hôpital, y compris dans de très petites structures qui, du reste, gagnent de l’argent grâce aux actes de radiologie médicale alors qu’elles ont du mal à joindre les deux bouts. Non seulement ces actes leur font gagner de l’argent, mais ils leur permettent de faire le diagnostic précoce de la covid-19.

Je le répète : il est honteux de revenir sur des engagements pris. Les manipulateurs radio du secteur privé n’ont jamais touché leur prime covid-19 : ils ont été oubliés. À présent, les radiologues sont oubliés, on leur reproche de coûter trop d’argent, alors qu’ils participent aux soins de toutes les Françaises et de tous les Français.

Dans sa toute-puissance, l’administration peut décider qu’elle va ratiboiser la tarification des actes. Ce n’est plus le politique qui décide, mais la haute administration du secteur de la santé de faire comme bon lui semble. Ce qui coûte trop cher doit être abattu, alors que l’on ne parle que de quelques millions et que les radiologues ont tenus leur engagement dans un esprit de responsabilité. C’est une trahison ! Comparé aux millions qui ont été gaspillés durant la crise, c’est tout bonnement honteux !

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