Français de l'étranger|

Jeudi 12 Septembre 2019

Rencontre à Zurich

Le 12 septembre, je suis à nouveau venu à la rencontre des Françaises et des Français de la région de Zurich. Comme lors de la précédente réunion zurichoise, l’échange avec les participants fut très riche et engagé. Nous avons pu aborder un grand nombre de sujets, concernant aussi bien la vie politique et les enjeux actuels et à venir en France, que sur le quotidien de Français expatriés en Suisse.

À l’issue de cette réunion j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec un jeune lycéen qui prépare son mémoire de Maturité sur des questions concernant la vie politique en France, et plus particulièrement les mouvements de contestation de ces derniers mois. Comme ses questions fort pertinentes sont d’une grande actualité et concernent également ma vision et mon travail de député, j’en restitue ici quelques-unes avec les réponses que je lui ai apportées :

Question :
Le mouvement dit des « Gilets jaunes » provenait beaucoup des régions rurales dans la mesure où la taxe carbone et d’autres décisions politiques étaient surtout pénalisantes pour ces régions. Il semblerait que ces régions n’ont pas une voix suffisante à l’Assemblée pour assurer que les décisions prises soient stables.  Votre opinion ?   

Ma réponse :
Parmi les revendications du mouvement des « gilets jaunes » il y avait effectivement le désir d’une meilleure prise en compte des territoires ruraux. De nombreux maires de villages ou de petites villes se plaignaient également de ne pas être suffisamment entendus par le pouvoir central.  Dans le système français c’est le Sénat qui a pour fonction de représenter les territoires, mais les sénateurs ne sont pas toujours perçus comme suffisamment proches des problématiques des territoires.
Le gouvernement a  d’ailleurs été sensible à ces revendications puisqu’il a organisé pendant plusieurs mois un grand débat national auquel tous les Français pouvaient participer et exprimer leurs doléances et leurs propositions sur les thèmes suivants :
 « 
transition écologique » ;
« fiscalité » ;
« démocratie et citoyenneté » ;
« organisation de l’
État et des services publics ».

La participation à ces débats a été intense et le Président s’y est personnellement beaucoup impliqué.


Question
Le RIC tel qu’il a été proposé (Proposition de loi constitutionnelle du groupe LFI, débattue à L’Assemblée le 21 février dernier) incluait des possibilités d’influence par le peuple qui d’ailleurs n’existent pas en Suisse, telle la possibilité de retirer le mandat d’un élu.  Estimez-vous qu’un RIC plus souple / modeste aurait pu être approuvé par l’Assemblée ?

Le RIC serait-il réellement une solution réaliste pour la France ?  On me dit que le gouvernement n’aurait plus la possibilité de fonctionner, car trop occupé avec des référendums…  Votre opinion ?

Ma réponse :

Un RIC comme formulé dans la proposition de loi de la France Insoumise pourrait effectivement avoir pour effet de paralyser la vie politique en France, où à l’inverse de la Suisse, la culture du compromis politique n’est pas vraiment pratiquée. Un seuil de déclenchement trop bas pour un référendum et la possibilité de révoquer des élus à mi-mandat des élus pourraient ainsi provoquer un climat de conflits et de blocages permanents.

Mais oui, je pense qu’une forme plus modérée et correspondant davantage à la situation française pourrait être adoptée en France. D’ailleurs une forme d’élargissement de la participation des citoyens aux décisions politiques est actuellement en discussion et sera probablement mise à l’agenda, peut-être même déjà dans le cadre de la réforme des institutions.

J’ai moi-même déposé une proposition de loi constitutionnelle inspirée du fonctionnement de la démocratie en Suisse et de mes connaissances du milieu rural et régional en France.
En voici le lien:


http://www.assemblee-nationale.fr/15/pdf/propositions/pion1728.pdf


Question
Equilibre entre les deux pouvoirs ; exécutif et législatif :

Si j’ai bien compris, c’est intentionnel que la constitution de 1958 donne beaucoup de pouvoir au gouvernement et surtout au Président de la République.  Y a t-il un équilibre suffisant entre l’exécutif et le législatif pour assurer une gouvernance stable ?

Ma réponse :

En effet, la Constitution de 1958 confère de grands pouvoirs au gouvernement et particulièrement au Président de la République. Le Général de Gaulle, à l’origine de cette Constitution, voulait ainsi remédier à la grande instabilité de la IVème République avec ses renversements constants de gouvernements ainsi qu’au manque de pouvoir décisionnel durant des périodes de grave danger pour la République, comme en 1939.
Soixante ans après l’avènement de la Vème République l’équilibre entre l’exécutif et le législatif est une vraie question, qui sera largement débattue durant le vaste débat sur la prochaine réforme des  institutions.


Question :
Quelle serait votre proposition pour que la France soit moins touchée à l’avenir par des mouvements de révolte ?

Ma réponse :

Connaissant à la fois de nombreuses particularités de la société française et de la société suisse, je ne peux que souhaiter voir s’épanouir en France un peu plus de cette « culture du compromis » chère à la Suisse et que j’ai évoquée plus haut. C’est précisément l’objectif de la proposition de loi constitutionnelle que j’ai déposée  le 28 février.

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