Commission|

Mercredi 5 juin 2019

Question

M. Joachim Son-Forget : » Vous avez fait état vous-même du calendrier des livraisons des HK416F. J’ai cru comprendre, pour ma part, que l’industriel était un peu en défaut quant aux délais de livraison, ce qui explique qu’il soit le grand absent de l’appel d’offres pour le fusil de précision semi-automatique alors qu’il aurait pu présenter le HK417. En cette période, beaucoup d’appels d’offres sont ouverts pour le renouvellement d’une grande partie de l’armement. C’est le cas pour nos pistolets en ce moment, ce le sera pour la mitrailleuse légère en remplacement de la Minimi dans quelque temps. La réflexion qui est menée actuellement intègre-t-elle assez les différentes contraintes de livraison ? Anticipe-t-on assez les changements à venir ? Arrive-t-on à dépasser le culte de l’interopérabilité, notamment en ce qui concerne les calibres choisis, là où nos alliés outre-Atlantique ne se gênent pas, eux, pour proposer de nouvelles solutions ? Nous avons des mécanismes, via les forces spéciales et via la structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (SIMMT), qui font des acquisitions intéressantes. Mène-t-on la même réflexion pour ces appels d’offres importants puisque de long terme ? »

Réponse

Jean-Pierre Bosser: « Concernant le renouvellement des moyens, M. Son-Forget, je n’ai pas noté de retard dans la livraison des fusils d’assaut HK416. 5 000 exemplaires ont déjà été livrés et 9 600 autres seront reçus en 2019. Nous atteindrons alors la moitié de l’objectif fixé. Comme vous le savez, la firme allemande Heckler & Koch, comme Glock en Autriche, est une entreprise importante qui a produit, je crois, près de deux millions d’armes de poing l’année dernière. Je ne pense donc pas que les livraisons françaises soient complexes à mettre en œuvre. Mais pour l’armée de terre, le sujet est moins l’industriel qui nous fournit les armes que les processus de « certification » de nos besoins par la technostructure. Ainsi, si nous souhaitons acquérir un pistolet automatique déjà en dotation dans les forces spéciales dans des délais extrêmement courts en nous appuyant sur un industriel qui en a la capacité et avec les moyens financiers que vous nous avez fournis, nous ne le pourrions pas. En effet, pour acquérir cette arme, nous serions tenus de refaire l’intégralité du schéma de certification. C’est tout de même étonnant ! Il faudrait alors un an pour réussir à passer un marché concernant un matériel que nos armées utilisent déjà depuis 10 ans. J’en ai encore parlé au directeur de cabinet de la ministre des Armées ce matin et j’ai demandé à ce que les réflexions et les travaux se poursuivent sur la manière de raccourcir ces délais. La loi de programmation militaire « à hauteur d’homme » pourrait perdre une partie de son sens en raison de toutes ces lourdeurs. L’armée de terre demeure donc en appui comme elle l’a fait en mettant à la disposition de la direction générale de l’armement et de l’industriel Arquus des champs de tir à Mourmelon et à Mailly, dans le cadre des essais partagés pour le développement des tourelleaux téléopérés des Griffon, contribuant ainsi à ce qu’il n’y ait aucun retard sur le programme SCORPION. »

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