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Mercredi 3 Juillet 2019

Mercredi 3 Juillet, la Commission de la défense nationale et des forces armées a reçu Christophe Prazuck, chef d’Etat-Major de la Marine Nationale.

Le Chef d’Etat-Major a été auditionné pour nous parler du plan stratégique pour la marine – le plan Mercator et pour faire un point sur le PLF 2019. Cette allocution a été suivie d’une séance libre de questions-réponses.

La réflexion pour élaborer le plan Mercator a été guidée par un contexte particulier basé sur les quatre axes : une marine d’emploi, une marine de combat, une marine en pointe technologiquement et une marine qui compte sur chacun de ses marins dans ce contexte de retour à des situations tendues, qui préfigurent le combat dans l’environnement maritime.

Depuis 2015, la marine a maintenu un bâtiment de combat au large de la Syrie. « Celui-ci participe à la mission de connaissance et anticipation de ce qui se passe à terre et dans le ciel, contribuant ainsi à l’autonomie de l’appréciation de situation. « 

Le changement profond de l’ordre international et de ses mécanismes de régulation est également un élément déclencheur du plan Mercator. Ce nouveau contexte oblige les pays européens à développer une culture stratégique commune ainsi que de nouveaux outils autonomes de défense – c’est par exemple l’Initiative européenne d’intervention (IEI). Pour la marine, très concrètement, c’est aussi la sortie d’arrêt technique du Charles de Gaulle et son retour à la mer.

La modification majeure des ressources humaines de la marine nationale est également un enjeu du plan Mercator. « Le marché de l’emploi est plus tendu, plus compétitif – en particulier pour les métiers techniques. En outre, les aspirations de conciliation entre vie professionnelle et vie privée sont plus fortes qu’elles ne l’étaient auparavant. Quant à la dépendance au numérique, elle est sans commune mesure avec ce que nous connaissions auparavant. »

Lire le compte-rendu : http://www.assemblee-nationale.fr/15/cr-cdef/18-19/c1819046.asp

Questions

M. Joachim Son-Forget : « Vous connaissez mon attachement à la marine et c’est toujours un plaisir que d’entendre des explications que vous nous donnez sur votre action. Ma question concerne la force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO). Une procédure de dédoublement des unités spécialisées est en cours. Cela s’inscrit-il dans la même lignée que le dédoublement d’équipage évoqué ? Ou s’agit-il d’augmenter la redondance au risque de poser des problèmes en termes de recrutement dans la mesure où les exigences demeurent élevées ? Par ailleurs êtes-vous satisfait des délais actuels et des procédures d’homologation et d’achat de nouveau matériel, je pense par exemple à l’homologation des missiles moyenne portée (MMP). Si ce n’est pas le cas, quelles sont vos préconisations ? »

Amiral Prazuck : « Monsieur Son-Forget m’a posé la question des commandos-marine du Contre-Terrorisme et Libération d’Otages (CTLO) et de l’équipe spéciale de neutralisation et d’observation (ESNO). C’est une logique différente de celle du double équipage sur les bateaux, qui voit alterner les deux équipages. L’enjeu, c’est d’avoir une unicité d’organisation des différents commandos qui permette de mieux les gérer. Auparavant, il y avait des commandos spécialisés, comme Jaubert et Trépel, dans la libération d’otages, et d’autres dans la neutralisation à distance. Nous voulons davantage de commandos comme le commando Hubert, qui dipose de ces deux capacités simultanément. La question est, une fois encore, de disposer de la ressource humaine. Les sélections ont lieu en ce moment. L’agilité d’achat d’équipements est par ailleurs indispensable. Les commandos-marine acceptent d’aller dans des endroits épouvantables, de prendre des risques insensés, à condition de disposer de ce qu’il y a de mieux sur le marché. L’expérimentation et la veille technologique sont consubstantielles aux commandos et je dirais que, par construction, les moyens d’acquisition ne sont jamais assez rapides pour eux. C’est évidemment un point auquel je suis sensible et j’espère que l’Agence d’Innovation de la Défense (AID) permettra de développer davantage l’innovation d’usage. »

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