Commission|

Mardi 2 juillet 2019

J’ai participé à l’audition de M. Jöel Barre, délégué général pour l’armement, en Commission de la défense nationale et des forces armées.

M. Barre est venu s’exprimer sur l’exécution budgétaire et capacitaire en 2018 et au premier semestre 2019 ; sur la transformation de la DGA, chantier engagé depuis 2017 ainsi que sur la coopération européenne bi- et multi-latérale dans le cadre de la préparation du Fonds européen de défense avec la Commission européenne. Cette allocution a été suivie d’une séance libre de questions réponses.

Lire le compte-rendu :

http://www.assemblee-nationale.fr/15/cr-cdef/18-19/c1819045.asp

Questions

M. Joachim Son-Forget :  » Je souhaite prolonger la question de mon collègue Jean-Charles Larsonneur au sujet du projet de drone européen « MALE RPAS ». Il a été vivement critiqué dans la presse et dans un rapport récent de nos collègues sénateurs, mais d’aucuns lui trouvent aussi des avantages. Les critiques, en tout cas, doivent être nuancées, à commencer par celle relative à son poids. En effet, quand on compare son poids avec celui du Reaper, ce que l’on compare, c’est le poids maximal de notre drone européen avec le poids vide du Reaper. Par ailleurs, le fait qu’il soit bimoteur lui donnerait, selon certains, une plus grande autonomie et lui permettrait peut-être d’obtenir plus facilement une certification pour circuler dans les espaces aériens. Pouvez-vous nous éclairer sur ces questions ? S’agissant de la circulation aérienne, comment se positionne-t-il par rapport à ses concurrents? »

M. Joel Barre :  » J’en viens à l’Eurodrone, qui est un sujet important. Nous n’allons pas refaire l’histoire : le choix de l’équiper de deux moteurs a été fait en 2017. Cette caractéristique lui donnera effectivement une plus grande capacité d’intégration dans la circulation aérienne. Du reste, au-delà de l’Eurodrone, la question de la circulation aérienne des drones doit être envisagée de manière plus globale et elle fait déjà l’objet d’une étude de la part de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). »

La phase de définition de l’Eurodrone s’est achevée au début de l’année 2019 et nous devons maintenant passer à la phase de réalisation. Le problème que nous avons actuellement avec l’industrie est un simple problème de négociation du contrat de réalisation correspondant. Nous devons déterminer le coût, pour les États coopérants, du développement et de la réalisation de ce drone. Nous sommes en phase de négociation et nous avons jusqu’à la fin de l’année pour trouver un accord : j’espère bien que nous y arriverons.

L’Eurodrone est certes destiné à l’exportation, mais notre principal objectif, en développant ce projet, est de doter nos propres armées d’un système autonome souverain européen. L’Eurodrone remplacera le Reaper, que nous achetons à General Atomics et qui, pour décoller et pour atterrir, au Mali ou ailleurs, doit être mis en œuvre par l’industrie américaine. Le premier objectif de l’Eurodrone est d’assurer notre autonomie et notre souveraineté. Je note, au passage, que ses performances sont très supérieures à celles du Reaper. Méfions-nous : quand nous comparons le Reaper et l’Eurodrone, nous ne comparons pas le même type de performance. Leurs masses ne sont pas les mêmes et leurs capacités en termes de charge utile de renseignement ne le sont pas non plus.

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