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Jeudi 28 Septembre 2017

Le 25 août dernier, j’ai écrit à notre Représentante Permanente à l’ONU, à notre ministre des affaires étrangères M Jean-Yves le Drian, ainsi qu’au diplomate du Président de la République, M. Philippe Etienne, afin d’attirer leur attention sur l’action sanitaire menée par l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM).

Le 28 septembre, j’était présent avec d’autres personnalités et les soignants & bénévoles de l’UOSSM sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris à 16h afin de rendre hommage aux soignants tués en Syrie. #doctorsindanger

Le Président de la République Emmanuel Macron a parlé lors de sa première allocution aux Nations-Unies de “l’absolue nécessité d’aménager les accès aux soins de tous et toutes, de permettre les structures médicales, de protéger les populations civiles.” Il affirmé que “la France a décidé d’en faire l’une des priorités de sa présidence du Conseil de sécurité le mois prochain.”

J’attirais leur attention en ces termes:

“Cette association est notamment responsable de la gestion de structures hospitalière et des soins de premiers secours en Syrie. Des médecins français sont impliqués dans leur action tel que le chirurgien de guerre Raphaël Pitti. De manière personnelle, je connais plusieurs de ses cadres dirigeants pour avoir dirigé une action caritative en leur faveur au mois de février dernier. Ils sont une partie de mes points de contact sur le dossier de la crise syrienne avec lesquels j’entretiens une relation de confiance, et j’ai la plus grande considération pour leur engagement.

L’UOSSM est bien connue du Ministère des Affaires étrangères et de la ville de Paris, cette dernière ayant organisé un convoi de denrées médicales à leur intention dans un passé récent. Les médecins de l’UOSSM ont été les formateurs des casques blancs d’Alep et ont participé, avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à l’évacuation de celle-ci en décembre dernier. L’évolution de la situation en Syrie, le contexte d’une approche de la fin du conflit en soi- même, et de manière plus précise la création d’une zone de désescalade avec succès à Deera et la mise en place d’une police militaire russe respectée et sécurisante pour les civils (notamment les tchéchènes de confession sunnite), a participé à l’instauration d’un climat de confiance avec les populations civiles.

Une part grandissante des composantes de l’opposition syrienne voit ce type de modèle comme un espoir de paix et de stabilisation, potentiellement applicable à d’autres régions de conflit, notamment à Homs ou Idlib. Au-delà de ce constat de terrain qui ancre les oppositions au régime dans un réalisme prenant en compte l’acteur russe, l’UOSSM s’ouvre aujourd’hui de manière sincère à la possibilité de travail collaboratif avec la Russie. Elle souhaiterait également obtenir des garanties de sécurité de la part des partenaires internationaux, pour les laisser s’implanter à Damas, dans des conditions permettant le déploiement sécurisé de leurs activités de soins. J’espère que cette noble ambition s’inscrivant dans une dimension humanitaire non partisane retiendra toute votre attention.

En amont de la poursuite des négociations sous la responsabilité du haut représentant de l’ONU en Syrie, S.E. M. Staffan de Mistura, et du prochain conseil de sécurité de l’ONU à New-York le mois prochain, je souhaite vous transmettre, de plus, une demande spécifique du chairman de l’UOSSM. Ce courrier, rédigé à l’intention de M. Jean-Yves Le Drian et que je vous relaie, concerne une demande de libération de travailleurs sanitaires.” (…)

Si la France a pu avoir un rôle, je le déplore, parfois trop marginalisé dans le concert des nations impliquées dans le dossier syrien par le passé, elle demeure un partenaire audible et respecté quand il s’agit de la question des droits de l’Homme et de l’action humanitaire, une tradition française forte. A ce titre, je trouve opportun de relayer ce message de demande de libération. Je vous laisse bien entendu apprécier la pertinence de cette demande dans le cadre de nos missions de médiation avec les parties et, le cas échéant, la possibilité de l’insérer aux discussions à venir avec nos interlocuteurs étrangers, la Russie notamment. J’espère que vous pourrez m’apporter des éléments de réponse avant le prochain conseil de sécurité et vous remercie par avance de l’attention que vous porterez à cette requête.”

Je suis extrêmement satisfait de l’attention du Président de la République à la situation sanitaire en Syrie et de sa sensibilité particulière à organiser l’accès aux soins pour tous, indifféremment, un droit inaliénable et universel, qui passe aussi par la protection des soignants qui ont trop souvent été la cible d’attaques injustifiées et inhumaines.

Verbatim du Président de la République sur la situation syrienne en introduction de son discours devant l’assemblée générale des Nations-Unies:

“J’ai entendu Bana, citoyenne d’Alep, et c’est sa voix que je veux ici porter. Elle a vécu sous la terreur des bombardements, des polices et des milices, elle a connu les camps de réfugiés. Le peuple syrien a assez souffert pour que la Communauté internationale prenne acte d’un échec collectif et s’interroge sur ses méthodes. Pour établir une paix durable et juste, il y a urgence à nous concentrer sur le règlement politique de la crise, par la transition, comme le Conseil de sécurité l’a acté à l’unanimité dans la résolution 2254, de 2015. La France est à l’initiative, avec ses partenaires, pour soutenir les efforts des Nations unies et enclencher enfin une feuille de route politique inclusive en Syrie. C’est pour cela que je souhaite que nous puissions lancer un groupe de contact avec tous les membres du P5 et l’ensemble des parties prenantes.

Aujourd’hui, le format dit « d’Astana » peut être utile, mais il ne suffit pas. Et ces derniers jours ont mis en lumière bien des difficultés. Donnons-nous les moyens réels d’enclencher les négociations. Car la solution sera, à terme, politique, et non militaire. C’est notre intérêt à tous, et d’abord bien entendu celui des Syriens. Dans ce contexte, j’ai indiqué quelles étaient nos deux lignes rouges. D’abord une intransigeance absolue sur l’emploi d’armes chimiques. Les auteurs de l’attaque du 4 avril dernier devront être traduits devant la Justice internationale, et cela ne doit plus jamais se produire. Ensuite, l’absolue nécessité d’aménager les accès aux soins de tous et toutes, de permettre les structures médicales, de protéger les populations civiles. La France a décidé d’en faire l’une des priorités de sa présidence du Conseil de sécurité le mois prochain. Agir pour le pays en Syrie, c’est agir pour le peuple syrien, mais c’est aussi nous protéger tous du terrorisme islamiste. Car en Syrie, en Irak, c’est contre le terrorisme que nous nous battons au premier chef.

Nous agissons pour tous ceux qui ont péri dans ces attaques au cours des derniers mois. Car le terrorisme djihadiste a frappé sur tous les continents nos concitoyens, quelle que soit leur religion. Nous devons ainsi tous nous protéger en unissant nos forces, et notre sécurité devient la première priorité. C’est le sens des initiatives que la France porte pour lutter contre l’utilisation d’Internet par les terroristes, et contre toutes les sources de leur financement. C’est pourquoi j’ai souhaité que nous puissions organiser en 2018 une conférence sur ce combat durant laquelle je vous appelle toutes et tous à vous engager. Mais c’est aussi le sens de l’action militaire que la France mène au sein de la Coalition en Syrie et en Irak, dans le respect du Droit international.

Ce combat contre le terrorisme, il est militaire, il est diplomatique, mais il est aussi éducatif, culturel, moral. Il passe par notre action au Moyen- Orient en Afrique, mais aussi en Asie, et il doit tous et toutes nous réunir.”

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